Le cordier est l’artisan qui fabrique et vend tout types de ficelles et de cordes. Ce métier a traversé les siècles et s’apprend de diverses manières.
L’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert de 1751 définit le métier comme celui d’un « artisan qui a le droit de fabriquer & vendre des cordes & cordages de chanvre, d’écorce de tilleul, de lin, de crin, etc. en qualité de membre de la communauté de ce nom. Les statuts de cette communauté sont datés de 1394 ». Le métier a peu changé aujourd’hui ! Si certains cordiers étaient Compagnon du devoir d’autres héritaient d’un savoir-faire familial.
La fabrication de cordes en fibres naturelles demandait une main d’œuvre variée, le cordier n’était pas celui qui cultivait le chanvre, ni celui qui préparait la matière première, il la commandait auprès d’agriculteurs spécialisés. Pour tresser les cordes, l’artisan doit réaliser plusieurs étapes précises. Au fil du temps les techniques se sont modernisées, les machines se sont perfectionnées. La demande étant variée, ce sont des cordes et ficelles différentes qui étaient produites à la corderie : cordes à vache, licols, liens de blé, cordes de vêlage … Les cordiers travaillaient beaucoup pour les agriculteurs. Le matériau le plus employé est le chanvre. Le cordier peut aussi utiliser du lin, du tilleul ou du crin. Le premier travail du cordier consiste à préparer le chanvre qu’il a acheté roui et broyé. Pour cela il utilise différents peignes aux dents plus ou moins longues et écartées (aussi appelés seran). Le plus grossier sert à débarasser le chanvre des débris de bois (c’est le teillage), le plus fin sert à séparer les fibres en fils très fins (c’est le peignage).
Vient ensuite le filage. Pour cela, le cordier prend de la filasse qu’il tient dans un tablier autour de la taille. Après avoir fait une boucle qu’il accroche au rouet, le cordier va dévider le chanvre tout en reculant le long de l’aire qui peut mesurer jusqu’à cent mètres, tandis que le tourneur fait mouvoir la roue. Cela a pour effet de produire un fil tordu sur lui-même soutenu de près en près par des rateliers ou râteaux. Tout l’art du cordier consiste à dévider le chanvre le plus régulièrement possible.
La dernière étape consiste à réunir les fils et à les tordre ensemble pour faire des cordes. Ce travail peut s’effectuer sur le rouet pour les petits diamètres ; pour les tailles plus importantes, on utilise un chariot. Le principe, qui est toujours le même, consiste à réunir plusieurs fils, par torsion, pour produire un toron, puis plusieurs torons pour obtenir une corde. La corde terminée est enduite d’une solution de colle et d’eau.


